Le président de l'Association Socioculturelle Bilingue Frédéric Peyson
mis en examen pour abus frauduleux.

Article paru dans le journal Midi Libre dans son édition du 21/06/2014.

Tout est parti d'une plainte de la compagne du responsable de cette association, suspecté d'abus frauduleux.

"Une grande partie des sourds en difficultés sont laissés de côté par les sourds eux-mêmes." Cette phrase, c'est celle du président de l'association socioculturelle bilingue Frédéric-Peyson (*), prononcée en 2013 lors d'une allocution. Celle d'un homme qui en a finalement pris le contrepied en s'intéressant à certains des membres de la structure. Et qu'il est suspecté d'avoir délestée de plusieurs milliers d'euros.

L'enquête démarre par un hasard

C'est en, tout cas, la certitude des limiers de la brigade financière de la sûreté départementale. Des policiers qui se sont intéressés au suspect par hasard. Après que la compagne du mis en cause est venue déposer plainte. Accusant son conjoint de ne pas lui avoir remboursé un prêt en numéraire de 13 000 €. De là, la brigade a démarré des investigations. Lesquelles ont mis au jour les singulières pratiques dudit président.

Des victimes mises en confiance

Ainsi, entre octobre 2010 et ces dernières semaines, le sexagénaire aurait grugé une nonagénaire à hauteur de 12 600 €, un autre homme de 500 € et, enfin, un couple pour 1 300 €. De l'argent qu'il aurait réussi à soutirer après avoir mis en confiance les victimes. Convoqué au commissariat central mercredi, l'escroc présumé a été placé en garde à vue dans la foulée. Lors de ses auditions, il aurait reconnu une grande partie des faits. À l'issue, il a été déféré au parquet puis présenté à un juge instructeur. Un magistrat qui l'a mis en examen, jeudi, dans le courant de la journée, pour “abus frauduleux de l'ignorance de la faiblesse d'une personne vulnérable”. Puis a été laissé libre mais placé sous contrôle judiciaire. Avec, entre autres mesures, une interdiction de gérer l'association de l'avenue du Pont-Trinquat.

« Pas de fautes pénales volontaires »

Me David MendelPour Me David Mendel, son conseil, l'homme "s'est exprimé en garde à vue et est dans l'incompréhension. Car il s'agit de problèmes civils ou d'inattention. Mais certainement pas de fautes pénales volontaires." Reste la conviction des enquêteurs et le faisceau d'éléments qu'ils ont exhumés. Constituant "un dossier épais matériellement", concède le pénaliste.

(*) L'association Frédéric-Peyson propose une aide multiple aux sourds et malentendants dans de nombreux domaines (accompagnement, cadre de vie, démarches administratives, vie quotidienne, transports...).

 





















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